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Le blog HG des élèves de la TL

L'émergence politique des BRICS sur la scène internationale devient évidente

16 Juillet 2014 , Rédigé par prof Publié dans #Géo T2 b - Les territoires dans la mondialisation, #hist T4 c - La gouvernance éco mondiale depuis 44

Les BRICS tentent de s'organiser pour modifier l'ordre économique et politique né après la Seconde Guerre mondiale. Leur émergence devient donc politique. Ils souhaitent peser sur la scène internationale et ne plus dépendre des institutions de l'après-guerre.

Voici un éditorial du quotidien français Le Monde.

Questions :

- A l'aide de cet article, montrez le volontarisme actuel des BRICS mais aussi les limites de leurs amibitions.

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Editorial du mercredi 16 juillet 2014,

Les BRICS sont-ils aussi unis qu'ils le prétendent?

Le Sud émergent veut changer l'ordre international imposé par l'Occident au lendemain de la dernière guerre mondiale. C'est du moins ce que disent les BRICS - Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud -, porte-parole des nouvelles puissances économiques du siècle. Faut-il les croire? Pas sûr.

 

Depuis six ans, les BRICS tiennent un sommet annuel. Cette année, ils se réunissent au Brésil, à Fortaleza puis à Brasilia, mardi 15 et mercredi 16 juillet. Comme ils le font depuis maintenant trois ans, ils vont annoncer le lancement d'institutions financières censées concurrencer celles établies par les Etats-Unis en juillet 1944 : la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

 

Ils veulent créer une banque de développement au capital de 10 à 50 milliards de dollars et un fonds de réserve de change doté de quelque 100 milliards de dollars. Une bonne partie de ces sommes serait apportée par la Chine, laquelle entend que cette banque de développement, si elle voyait le jour, s'installe à Shanghaï.

 

L'argumentaire des BRICS repose sur trois observations rituelles. Les institutions financières internationales actuelles ne leur accordent pas une place correspondant à leur poids économique. Elles favorisent trop les pays fondateurs, et d'abord les Etats-Unis. Enfin, elles reflètent un monde dominé par le dollar, donc assurant une prépondérance américaine qui n'a plus lieu d'être.

 

La plaidoirie est formulée de manière très politique, voire teintée d'anti-américanisme à Moscou et à Pékin, beaucoup plus modestement à Delhi ou à Pretoria. Il faut l'apprécier de façon modulée.

 

L'ambition des BRICS est née alors qu'ils étaient tous - Russie mise à part - mieux sortis de la crise de 2008 que les Etats-Unis et les Européens. Aujourd'hui, leur profil est moins flamboyant, même si le potentiel de croissance qu'ils représentent reste supérieur à celui du Nord.

 

Deuxième, et bientôt première puissance économique de la planète, la Chine a obtenu ce qu'elle voulait, en part de capital et poids politique, à la Banque mondiale. Seule l'opposition protectionniste du Congrès américain l'empêche encore de réaliser cette même et légitime ambition au FMI. Mais, sur le fond, les BRICS sont divisés. Ils n'ont pas une vision stratégique commune qui les unirait dans une volonté partagée de remettre en cause l'ordre international de 1945.

 

D'abord Chinois et Russes sont aussi les dépositaires de cet ordre, avec leur siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Ils n'ont pas l'intention d'ouvrir ce cénacle à d'autres grandes puissances du Sud. Ensuite, la Chine reconnaît volontiers que l'ordre économique promu par les Etats-Unis - notamment le libre-échangisme - assure son épanouissement économique. Elle ne souhaite aucune alternative à ce monde-là et s'accommode bien du dollar tant qu'elle n'est pas prête à transformer sa monnaie en vraie devise.

 

Ici et là, les BRICS entendent contrer les Etats-Unis. Ils n'ont pas, pour autant, un projet alternatif commun d'ordre international de substitution, économique ou politique.

 

Un article du quotidien français Le Figaro pour compléter : Les Brics défient l'hégémonie occidentale

Les présidents russe, indien, brésilien, chinois et sud-africain au sommet des BRICS le 15 juillet. | AFP/NELSON ALMEIDA

Les présidents russe, indien, brésilien, chinois et sud-africain au sommet des BRICS le 15 juillet. | AFP/NELSON ALMEIDA

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