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Comment l’Empire ottoman fut dépecé

27 Décembre 2014 , Rédigé par prof Publié dans #hist T3 c - Proche et Moyen-Orient depuis 1918

Un article décrivant un épisode complexe du Proche-Orient. A lire en prenant des notes.

Chapitre concerné : T3c d'histoire - Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale.

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Les ravages d’une guerre arbitraire

Comment l’Empire ottoman fut dépecé

Entre 1916 et 1922, l’empire ottoman et ses marches firent l’objet d’intenses tractations entre Français et Britanniques. Après 1918, les Etats-Unis se posèrent en arbitres, au nom du « droit des peuples ». Pourtant, à aucun moment, les populations locales ne furent réellement consultées. Le partage territorial en fut durablement fragilisé.

par Henry Laurens, avril 2003, Le Monde Diplomatique.
Professeur au Collège de France, auteur, notamment, de La Question de Palestine, Fayard, Paris (trois tomes).
 

En 1914, les provinces arabes de l’Empire ottoman se trouvaient sous l’influence collective et multiforme des puissances européennes, auxquelles s’ajoutaient les Etats-Unis. Les Jeunes-Turcs, au pouvoir depuis 1908, cherchaient à se débarrasser de ces ingérences permanentes, mais au prix d’un centralisme autoritaire qui suscitait l’émergence d’un mouvement autonomiste arabe prêt à chercher des appuis chez les Européens.

La France était la puissance dominante en « Syrie naturelle », grâce à ses investissements économiques et à son rayonnement scolaire et culturel. On en arrivait à parler d’une « France du Levant ». Les Britanniques, qui occupaient l’Egypte depuis 1882, avaient fini par reconnaître -de mauvaise grâce - cette primauté.

En entrant en guerre en novembre 1914, les Ottomans entendaient s’affranchir des dominations étrangères et liquider les autonomismes locaux. Dès le début de 1915, la répression frappe les élites politiques arabes (pendaisons, exils en Anatolie). Des populations entières seront martyrisées (chrétiens du mont Liban décimés par la famine, sort tragique des Arméniens et autres chrétiens anatoliens déportés et massacrés). Cherchant à déstabiliser les deux grandes « puissances musulmanes » que constituent les empires coloniaux français et britanniques, les Ottomans appellent à la guerre sainte, au djihad. Les Britanniques s’en tiennent d’abord à un combat défensif à proximité du canal de Suez, tandis que l’armée anglo-indienne commence la conquête difficile de l’Irak à partir de Basra (1).

Mais le djihad menace l’Afrique du Nord française (et une partie de l’Afrique noire) et l’Inde britannique. Français et Britanniques se trouvent ainsi en position défensive, et cherchent une nouvelle formule juridique susceptible de rétablir leur ancienne domination. Ils envisagent d’abord de maintenir un Empire ottoman décentralisé, qui serait un protectorat de fait. En attaquant les Dardanelles (1915) pour menacer la capitale de l’Empire ottoman, ils sont contraints d’accepter la revendication russe sur Constantinople et donc de considérer un partage de la région.

 

La suite : cliquez ici

 
 Des accords Sykes-Picot... Au Proche-Orient contemporain par Philippe Rekacewicz, avril 2003 http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/sykes-picot

Des accords Sykes-Picot... Au Proche-Orient contemporain par Philippe Rekacewicz, avril 2003 http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/sykes-picot

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